Pieds dans le PAF - association d'éducation aux médias

Faire des Fakes


Et si les poules et les vaches contrôlaient la terre, via notre alimentation ? C’est le pari d’un groupe d’élèves du collège Louis Pasteur des Vallons de l’Erdre, en Loire-Atlantique. A leurs côtés, les hypothèses sont tout aussi suspectes : accords secrets entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, immeubles qui crient, ville aussi grande que New-York découverte sous l’eau… Nous sommes en plein milieu d’un atelier Fake News. Les élèves doivent fabriquer leur propre fausse nouvelle, en un après-midi.

Comment on s’y prend ?

Tout d’abord, on sensibilise. On passe une matinée à montrer des fake news et à en discuter avec les élèves : quelles en sont les conséquences dans la vie réelle ? comment on les reconnaît ? qu’est-ce qu’on fait quand un ami en partage une ? pourquoi les gens font des fake news, et pourquoi nous les partageons ?

Ensuite, on explique le concept de fabriquer des fake news. Cela prend souvent des airs de défis : comment faire une information qui soit à la fois fausse et crédible ? Comment la rendre convaincante ?

Les élèves avaient toute latitude pour fabriquer leur intox. Ils pouvaient utiliser de la vidéo, du son, des photos. Ils l’ont fait. Vous pouvez retrouver leurs travaux sur le site du CDI du collège.

La petite fabrique à intox

Nous avons également testé un atelier audiovisuel de fake news à la médiathèque de Saint-Nazaire. A partir d’images « banales » de la médiathèque, que nous avions tournées nous-mêmes, les participants devaient fabriquer une histoire fausse, si possible angoissante. Nous les avons aidés à assembler les images, à enregistrer une voix-off, à tourner d’autres plans au besoin. A la fin, nous avions une dizaine de courtes vidéos : avec les mêmes images, une dizaine d’histoires différentes, toutes fausses. Car on peut faire dire ce que l’on veut aux images, et cela les participants l’ont bien compris. Voici un exemple, réalisé par Clara, 14 ans.

Education Populaire

Ce genre d’atelier permet de comprendre tout en faisant, selon les principes de l’éducation populaire qui nous sont chers aux Pieds dans le Paf. En interrogeant eux-mêmes les moyens de rendre crédible une histoire, en utilisant les codes du faux ou du complotisme, nos participants se retrouvent en position d’acteurs. Ils constatent la facilité avec laquelle on manipule un spectateur ou un lecteur. Ils mettent à distance les contenus croisés sur le net, ils développent leur esprit critique. Cela nous permet d’avoir une approche ouverte et dédramatisante des fake news, teintée d’une certaine poésie également.